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vendredi 25 janvier 2013

Mon gode est trop gros et c'est dommage!

Ce n'est pas vraiment une info primordiale, mais de temps en temps des clients ou clientes nous retournent le gros gode qu'ils ont acheté justement parce qu'il est trop gros! Seuls les godes sous blister avec pastilles de sécurité ou film thermo scellés sont repris. Désolé, on ne peut pas tester puis renvoyer. Vous achèteriez des préservatifs qui auraient déjà été portés?
Bref, on peut aussi imaginer le nombre de godemichets qui dorment au fond d'un tiroir sans jamais servir.

Excès d'optimisme, fantasme, on choisit un godemichet en pensant qu'on va prendre un pied inoubliable et dès l'ouverture du colis, patatra tout s'effondre!
Et oui, il y a une différence entre la photo qui apparait sur l'écran de l'ordinateur et la réalité physique.

Pour rappel voici quelques comparatifs de dimensions de godes afin de s'imaginer en vrai ce à quoi s'attendre:

Entre 3,5 et 4 cm de diamètre, le diamètre étant la largeur, pas le tour que l'on nomme habituellement circonférence, donc cette dimension c'est celle du sexe de monsieur tout le monde, votre mari ou les amants que vous avez eu sont dotés à 70% d'un sexe d'une telle taille.
Il faut savoir déjà que la plupart des godes commercialisés commencent le plus souvent à 4cm de diamètre ce qui est déjà tout à fait respectable, mais en général ça rentre facilement, du moins dans le vagin. Comme dirait une connaissance: "à quoi ça sert d'acheter un gode de la même taille que la verge de mon mari". C'est pas faux et c'est pourquoi le nombre d'objets bien proportionnés est majoritaire dans les sexshop et pour tout vous dire, les plus petits on en vend très peu!

Un gode de 4,5 cm c'est un bel engin qui peut déplaire aux petits abricots bien serrés...

Les godes de 5 cm de diamètre, ce n'est pas le commun des mortels qui disposent d'un tel zizi de la taille d'un concombre, vous savez ce sont ces légumes que l'on déguste avec de la crème? Pour cette dimension on a déjà eu des retours. C'est grosso modo aussi la taille de Monsieur Siffredi. En fantasme c'est bien, en réalité si vous n'êtes pas habitué(e) vous avez intérêt à être bien excité(e), dans de bonnes dispositions. Je ne vous parle même pas de la longueur vu qu'il en reste en général une partie sur le pas de la porte.

D'un point de vue pratique on reste encore dans une certaine raison et franchement de l'avis de ceux et celles qui ont tentés l'expérience, les sensations sont aux rendez-vous.
En ce qui concerne l'anal, comme on a largement dépassé la taille habituelle de ce qui passe par l'anus, on réservera ceci à ceux qui ont franchi par paliers les stades intermédiaires sans encombre...

6 et 7 cm de diamètre, hou là là on tombe dans les godes extrêmes, dans la nature cette taille de pénis est rarissime. Un acteur gay Américain (tout est plus grand là-bas c'est bien connu) possède un sexe de 6 cm de diamètre, on a d'ailleurs une belle réplique de celui-ci en boutique de la marque Doc Johnson. Pour info une canette de boisson de 33 cl fait 6,5cm de diamètre. Ça  vous fait rêver ou pas?

7 et 8 cm, on est dans des dimensions dignes des bouteilles. Bordeaux = 7,5 -  Bourgogne 8,2. A réserver aux grands culs et pas besoin de grands crus.
Alors il y a t-il des candidats?

9 cm c'est champagne et 10 cm c'est le diamètre des grosses canalisations en PVC gris d'évacuation des eaux usées (toilettes...). Là, no comment, personnellement nous préférons commercialiser des articles adaptés même si ce n'est pas sans incidence sur le corps, que de savoir que des gens se pénètrent avec des bouteilles en verre ou autres avec les risques qui y sont associés.

Voici ce qu'on peut recommander aux néophytes:

Pour commencer faire l'essai avec un gode de 4 ou 4,5 cm de diamètre, pas plus c'est déjà dans la moyenne haute des messieurs que vous avez pu éventuellement croiser un jour dans un lit, ou ailleurs. Voyez les sensations que vous en retirez et après il sera bien temps si le désir se fait sentir de passer à 5 cm de diamètre. Là je parle pour la pénétration vaginale.

D'un point de vue purement pragmatique, le gode de 5 cm est LE diamètre qui est le meilleur compromis pour de bonnes sensations de plénitude pour une grande majorité d'utilisatrices. Dans cette dimension le godemiché exerce une pression non négligeable sur les parois du vagin qui se transmet sur les 2 racines du clitoris qui descendent de chaque côté de la cavité vaginale. Cela facilite l'orgasme car ce sont deux stimulations qui viennent s'additionner conjointement aux contractions.

Maintenant c'est à vous de voir ce qui vous convient, mais soyez raisonnable pour un premier achat. Derniers points, utilisez un lubrifiant et éventuellement un préservatif si vous pensez être allergique au latex ou colorant, on ne peut malheureusement pas se prémunir de tout, chacun ayant sa propre sensibilité physiologique.

Bon jeux et faites-vous du bien!

Quelques orthographes parfois avec des fautes pour ces objets: gode, godemiché, godemichet, godmiché, dildo

Gode mighty de 5cm de diamètre


















mercredi 26 septembre 2012

Gode réaliste David Anthony

Il vient d'arriver en boutique, nous vous proposons le gode David Anthony. Pour ceux qui ne le connaissent pas c'est un célèbre hardeur gay Américain. Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse, ce gode réaliste ne s'adresse pas uniquement aux hommes. Les femmes y trouveront leur compte aussi bien en pénétration vaginale, qu'anale. 
Déjà d'une belle taille puisque son diamètre va de 5 à 5,5 centimètres, il n'est pas excessivement long puisque sa longueur pénétrante est de 16 cm ce qui permettra de se le mettre aisément en totalité aussi bien devant que derrière.

Ce gode réaliste en Silagel de la série Titanmen de Doc Johnson est aussi parfait que les autres modèles de la gamme Porn Star, doux, rigide juste comme il faut et surtout criant de réalisme. Si vous voulez vous faire plaisir c'est le moment d'y aller.

Vous pouvez aussi consulter le site de David Anthony



Gode David Anthony

mercredi 25 juillet 2012

Le gode géant Emperor vient d'arriver

 Gode géant 7,5 cm


Il ressemble à un vrai pénis, mais celui-ci est géant. Dans ces dimensions de gode réaliste il doit être le seul à être une aussi bonne imitation. Sa matière est très souple et son touché est troublant de réalité. Ce gode bien qu'il soit très gros est aussi très doux sa couleur chair et le relief de ses veines bleues en font un objet particulièrement désirable.

Laissez-vous tenter ce très gros gode mesure 34 cm de long pour 7,5 centimètres de diamètre quant à la longueur avec laquelle vous pourrez vous pénétrer elle est de 32 cm de quoi en laisser une partie dehors. A l'intérieur du membre est inséré un partie articulée qui permet de plier le gode tout en conservant sa sa forme.
Un lubrifiant à base d'eau est chaudement recommandé avant insertion.

Son entretien est très simple, lavage à l'eau tiède savonneuse, rinçage, séchage dans une serviette et ensuite vous passerez amoureusement  dessus un peu de talc afin de lui redonner toute sa douceur.

On y va?
Gode diamètre 7,5 cm

mardi 12 avril 2011

Gode Marco Blaze | Gros Gode Réaliste en Silagel | Réf 3400-01-BX - LeLapinMagique


 Nous venons de "rentrer" (je vois des sourires!) en boutique 4 godemichés réalistes de la marque Doc Johnson série TitanMen.

Ils sont d'une grande qualité, souple, hyper réaliste, munis d'une ventouse à la base. Réalisés en Silagel leur consistance en fait des sextoys bien troublants.
Envie de vous faire très plaisir, baiser avec un des sculpturaux acteurs de films porno gay, alors il ne faut pas attendre, ils sont en quantité limités.
On notera au passage que nous avons la réplique de notre frenchy: François Sagat en gode qui, fait rare, a su s'imposer dans ce domaine aux USA. Il est super sympa, marrant, bien foutu, un show man et en plus il a son gode.

Nous signalons aussi la présence de Marco Blaze et son gode "style grosse matraque" qui est des plus impressionnant. Il est nécessaire d'être un peu entrainé pour tourner avec lui...

jeudi 29 octobre 2009

Sex toys: la collection automne de Rammstein

Plus fort que Mylène Farmer (voir un post précédent) Rammstein ouvre son sex shop avec sa collection de sex toys livrés dans un flight case des plus glamour et tendance. (là Mylène ils ont fait plus sympa que ton cercueil)





Pour promouvoir son dernier album Liebe ist für alle da (trad. l'amour est là pour tous), Rammstein (groupe metal technotruc...) a décidé d'appliquer la recette au pied de la lettre. Après avoir proposé un clip porno pour accompagner le single Pussy , le groupe de metal dopé à la testostérone (le mot est faible) met en vente un coffret collector pour le moins original. En effet, celui-ci contient 6 godemichés, moulés sur chacun des membres (celui en rouge n'a pas eu de bol) du groupe !

Maintenant un petit jeu rigolo : deviner à quel "membre" correspond chaque sex toy.
Allez j'attends les réponses et pas des trucs bateaux du genre la plus grosse c'est celle du chef!

Pour ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances, le coffret est livré avec du gel lubrifiant et une paire de menottes. Les intéressés peuvent se procurer l'édition limitée de Liebe ist für alle da sur le site de What Records pour la modique somme de 249,99 Livres Sterling. (pas cher pour se faire un groupe entier)


On se demande ce que Rammstein nous réserve pour sa prochaine tournée, qui passera par Nantes le 16 novembre, Lyon le 2 décembre, Strasbourg le 3 décembre et Paris Bercy les 8 et 9 décembre.

Source: http://www.whatrecords.co.uk/live/landing/landing-Rammstein.asp

vendredi 9 octobre 2009

Le Vibromasseur-Godemiché objet de plaisir par Baptiste Coulmont

Baptiste Coulmont est sociologue, il s'intéresse depuis de nombreuses années aux sex toys et sex shop, il nous livre une fine analyse de ces phénomènes qui font partie intégrante de notre plaisir au coeur de notre société.

Un quotidien populaire qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il fut titrait récemment « Sex toys, les Français aiment ça ! » (France Soir, 14 septembre 2006). Et à consulter certains rayons de la Fnac, il semble bien qu’il y a un marché littéraire ou publicitaire (Sex toys faites-vous plaisir par Christian Foch et Anne Helary, ed. Marabout, 2006 ; Sex Toys de Frédéric Ploton, ed. Tana, 2004 ; ou le plus luxueux Sex toys forever de Bertrand Ferrier et Stéphan Lévy-Kuentz, ed. Marabout, 2005).

Un quotidien populaire qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il fut titrait récemment « Sex toys, les Français aiment ça ! » (France Soir, 14 septembre 2006). Et à consulter certains rayons de la Fnac, il semble bien qu’il y a un marché littéraire ou publicitaire (Sex toys faites-vous plaisir par Christian Foch et Anne Helary, ed. Marabout, 2006 ; Sex Toys de Frédéric Ploton, ed. Tana, 2004 ; ou le plus luxueux Sex toys forever de Bertrand Ferrier et Stéphan Lévy-Kuentz, ed. Marabout, 2005).
 L’histoire de ces gadgets est peu connue : entre le ridicule de la poupée gonflable et le sérieux des fétichismes, ces objets ont échappé au scrutin historique. Seule Rachel Maines, dans un ouvrage salué et publié dans une prestigieuse collection d’histoire des techniques, s’était attelée à retrouver la préhistoire médicale des vibromasseurs. Technology of Orgasm montre bien comment la technique médicale du massage pelvien, que les bons médecins du 19e siècle tentaient de maîtriser, s’était très rapidement mécanisée. Mais qu’une fois les vibromasseurs entrés dans les premiers films pornographiques, ils étaient sortis aussi vite de l’histoire médicale.

C’est en fait dans les années 1970 qu’il faut trouver l’histoire immédiate du vibromasseur-godemiché. Dans une de ces revues académiques marginales, le Journal of Popular Culture, le professeur Edward Kelly, en 1974, remarquait la nouvelle image du godemiché (« A New Image for the Naughty Dildo ? » se demandait-il en titre) en analysant des publicités parues dans le New York Times. Ces années témoignaient en effet de nouvelles conceptions de la sexualité. D’un côté l’accès plus facile aux moyens de contraception (préservatif, pilule contraceptive, stérilets) ou à l’avortement permettait un décrochage entre sexualité et reproduction (mais installait la présence continue de dispositifs techniques au sein ou autour de la relation sexuelle). De l’autre l’accent mis sur l’accès égalitaire au plaisir se percevait non seulement dans la norme de l’orgasme partagé, mais aussi dans la remise en valeur de la masturbation (qui n’est plus conçue comme maladive, mais comme entraînement).



Le godemiché-vibromasseur en vient à incarner ces nouvelles conceptions, mais de manière « camouflée ». En France, la presse populaire (Ici Paris, Détective, France Soir…) regorgent, dès 1970, de publicités pour ces petits gadgets vibrants. Les organismes de vente par correspondance (La Redoute, Neckermann, Trois Suisses) proposent dès cette époque les mêmes objets. Mais aucun ne promet l’orgasme immédiat : au contraire, revenant (sciemment ?) aux origines médicales, ils promettent – en ne trompant personne – bonne santé et amélioration de la « circulation sanguine ».
 Le camouflage était probablement encore nécessaire pour pouvoir vendre ouvertement ces objets. Signe des temps, même la cour d’appel de Paris, en novembre 1973, reconnaît que les « préservatifs-vibrateurs », n’étant pas de forme obscène « ni même seulement suggestive », ne peuvent constituer un outrage aux bonnes mœurs. Et que « l’on ne saurait tenir le simple usage en vue duquel cet objet est offert comme de nature à provoquer une émotion pernicieuse », les mœurs ayant quand même bien évolué, leur apparence restant sauve.

Au cours des années 70, les seules oppositions – plutôt des réticences – viennent des sexologues : attention, les vibrations sont bien trop efficaces, disent-ils. Ces vibromasseurs vont déséquilibrer la merveilleuse balance des orgasmes conjugaux. En facilitant les orgasmes féminins (maintenant rapides, sans engagements, sans émotion) le vibromasseur les rapproche des orgasmes « masculins ». Il ne faut donc utiliser ces machines que sous contrôle sexologique. Mais de fait, c’est bien sous l’apanage des sex-shops que restent les vibromasseurs et les godemichés. Des sex-shops à la clientèle masculine, s’intéressant principalement à maximiser l’orgasme masculin. Et quand ils en sortent, à la fin des années 90, pour échapper à leur funeste renommée, ils sont re-nommés : de godemiché, l’on passe à sex-toy.

Ce changement de vocable résume un processus relativement complexe.
 En premier lieu il signale une volonté d’inscrire la sexualité (solitaire ou en couple) dans le champ des activités récréatives ou des activités de loisirs, activités dont les sociologues savent bien combien l’accès dépend du revenu, du diplôme et du temps « libre ». Ces « sex toys », jouets sexy, jouets pour adultes, poursuivent l’entourage technique des relations sexuelles en les plaçant au sein d’une économie commerciale des loisirs. L’intimité sexuelle, souvent comprise comme inscrite dans un modèle « relationnel » (les rapports sexuels étant à la base de la construction d’une relation de couple) prend alors ici une saveur « récréationnelle »1. L’expérience ludique intime n’échappe pas à une forme de marchandisation – les anglophones diraient commodification – des pratiques et des désirs, qui vient détruire la fiction de naturalité des rapports sexuels.



Tout aussi évidente est la tentative d’en faire un objet « féminin », de « re-sexualiser » l’objet (de lui faire changer de genre). Cela passe par des tactiques commerciales parfois naïves, souvent efficaces. Si le rose chair est vulgaire, le rose bonbon est féminin. Si une femme nue sur le paquet est vulgaire, le dessin d’une plume est féminin : les promoteurs des nouveaux sexy shops, de manière systématique, déballent et « repackagent » des objets fabriqués par quelques entreprises en Asie (Chine principalement). Le changement de paquet est alors un bon indice des revendications commerciales. Les sex-shops « traditionnels », quelque soit leur ancienneté, ne pratiquent pas cette stratégie de représentation. En changeant le paquet, les nouveaux magasins sexy proposent alors une conceptualisation des différences entre hommes et femmes, entre sexualité masculine et sexualité féminine, ils « rejettent consciemment ce qu'ils perçoivent comme une version limitée de la désirabilité et la beauté féminine » qui serait inscrite sur les paquets – mais pas nécessairement dans les objets. Cela passe aussi par l’entrée de ces jouets dans les magazines féminins : une partie de la presse féminine a, récemment, embrassé l'usage des sex-toys, en proposant d'en faire un des objets nécessaires à toute bonne table de nuit2, et en proposant de faire de ces achats des achats féminins (et non plus des achats masculins).



Moins évidente, mais peut-être plus intéressante, est la volonté, puissante, de séparer ces gadgets de la « pornographie », de rejeter le porno vers le sale, le malsain, l’atteinte à la dignité humaine… et d’élever l’objet « sexy » vers le sain, le beau, l’éthique. « On refusait de vendre des représentations basiques du pénis. C'était hors de question », me déclare une ancienne responsable. « Je cherche des objets non figuratifs » propose une autre. « Pour les femmes, le sexe est vendu en tant qu'ensemble d'éléments de mode et de design beaucoup plus qu'en tant qu'ensemble de publications (media representations) : la pornographie reste problématique », écrit la sociologue Feona Attwood.

Le sex toy – et ses promoteurs – est donc fortement producteur de normes sexuelles. Des normes aussi bien soumises à une logique économique, celle du marché et de ses clientèles, qu’à des attentes liées aux rôles de genre à peine subvertis.


L’histoire de ces gadgets est peu connue : entre le ridicule de la poupée gonflable et le sérieux des fétichismes, ces objets ont échappé au scrutin historique. Seule Rachel Maines, dans un ouvrage salué et publié dans une prestigieuse collection d’histoire des techniques, s’était attelée à retrouver la préhistoire médicale des vibromasseurs. Technology of Orgasm montre bien comment la technique médicale du massage pelvien, que les bons médecins du 19e siècle tentaient de maîtriser, s’était très rapidement mécanisée. Mais qu’une fois les vibromasseurs entrés dans les premiers films pornographiques, ils étaient sortis aussi vite de l’histoire médicale.

C’est en fait dans les années 1970 qu’il faut trouver l’histoire immédiate du vibromasseur-godemiché. Dans une de ces revues académiques marginales, le Journal of Popular Culture, le professeur Edward Kelly, en 1974, remarquait la nouvelle image du godemiché (« A New Image for the Naughty Dildo ? » se demandait-il en titre) en analysant des publicités parues dans le New York Times. Ces années témoignaient en effet de nouvelles conceptions de la sexualité. D’un côté l’accès plus facile aux moyens de contraception (préservatif, pilule contraceptive, stérilets) ou à l’avortement permettait un décrochage entre sexualité et reproduction (mais installait la présence continue de dispositifs techniques au sein ou autour de la relation sexuelle). De l’autre l’accent mis sur l’accès égalitaire au plaisir se percevait non seulement dans la norme de l’orgasme partagé, mais aussi dans la remise en valeur de la masturbation (qui n’est plus conçue comme maladive, mais comme entraînement).

Le godemiché-vibromasseur en vient à incarner ces nouvelles conceptions, mais de manière « camouflée ». En France, la presse populaire (Ici Paris, Détective, France Soir…) regorgent, dès 1970, de publicités pour ces petits gadgets vibrants. Les organismes de vente par correspondance (La Redoute, Neckermann, Trois Suisses) proposent dès cette époque les mêmes objets. Mais aucun ne promet l’orgasme immédiat : au contraire, revenant (sciemment ?) aux origines médicales, ils promettent – en ne trompant personne – bonne santé et amélioration de la « circulation sanguine ».

Le camouflage était probablement encore nécessaire pour pouvoir vendre ouvertement ces objets. Signe des temps, même la cour d’appel de Paris, en novembre 1973, reconnaît que les « préservatifs-vibrateurs », n’étant pas de forme obscène « ni même seulement suggestive », ne peuvent constituer un outrage aux bonnes mœurs. Et que « l’on ne saurait tenir le simple usage en vue duquel cet objet est offert comme de nature à provoquer une émotion pernicieuse », les mœurs ayant quand même bien évolué, leur apparence restant sauve.

Au cours des années 70, les seules oppositions – plutôt des réticences – viennent des sexologues : attention, les vibrations sont bien trop efficaces, disent-ils. Ces vibromasseurs vont déséquilibrer la merveilleuse balance des orgasmes conjugaux. En facilitant les orgasmes féminins (maintenant rapides, sans engagements, sans émotion) le vibromasseur les rapproche des orgasmes « masculins ». Il ne faut donc utiliser ces machines que sous contrôle sexologique. Mais de fait, c’est bien sous l’apanage des sex-shops que restent les vibromasseurs et les godemichés. Des sex-shops à la clientèle masculine, s’intéressant principalement à maximiser l’orgasme masculin. Et quand ils en sortent, à la fin des années 90, pour échapper à leur funeste renommée, ils sont re-nommés : de godemiché, l’on passe à sex-toy.

Ce changement de vocable résume un processus relativement complexe.

En premier lieu il signale une volonté d’inscrire la sexualité (solitaire ou en couple) dans le champ des activités récréatives ou des activités de loisirs, activités dont les sociologues savent bien combien l’accès dépend du revenu, du diplôme et du temps « libre ». Ces « sex toys », jouets sexy, jouets pour adultes, poursuivent l’entourage technique des relations sexuelles en les plaçant au sein d’une économie commerciale des loisirs. L’intimité sexuelle, souvent comprise comme inscrite dans un modèle « relationnel » (les rapports sexuels étant à la base de la construction d’une relation de couple) prend alors ici une saveur « récréationnelle »1. L’expérience ludique intime n’échappe pas à une forme de marchandisation – les anglophones diraient commodification – des pratiques et des désirs, qui vient détruire la fiction de naturalité des rapports sexuels.

Tout aussi évidente est la tentative d’en faire un objet « féminin », de « re-sexualiser » l’objet (de lui faire changer de genre). Cela passe par des tactiques commerciales parfois naïves, souvent efficaces. Si le rose chair est vulgaire, le rose bonbon est féminin. Si une femme nue sur le paquet est vulgaire, le dessin d’une plume est féminin : les promoteurs des nouveaux sexy shops, de manière systématique, déballent et « repackagent » des objets fabriqués par quelques entreprises en Asie (Chine principalement). Le changement de paquet est alors un bon indice des revendications commerciales. Les sex-shops « traditionnels », quelque soit leur ancienneté, ne pratiquent pas cette stratégie de représentation. En changeant le paquet, les nouveaux magasins sexy proposent alors une conceptualisation des différences entre hommes et femmes, entre sexualité masculine et sexualité féminine, ils « rejettent consciemment ce qu'ils perçoivent comme une version limitée de la désirabilité et la beauté féminine » qui serait inscrite sur les paquets – mais pas nécessairement dans les objets. Cela passe aussi par l’entrée de ces jouets dans les magazines féminins : une partie de la presse féminine a, récemment, embrassé l'usage des sex-toys, en proposant d'en faire un des objets nécessaires à toute bonne table de nuit2, et en proposant de faire de ces achats des achats féminins (et non plus des achats masculins).

Moins évidente, mais peut-être ....lire la fin en cliquant sur le lien ci-dessous


Baptiste Coulmont

Source: Espaces Temps.net